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Test de stabilité en rando au pic des Cabottes le 8 janvier

jeudi 8 janvier 2004 par ROULET Vincent

Le vendredi 8 janvier au pic des Cabottes (voir course 753) j’ai eu l’occasion d’une jolie mise en pratique de ce que nous venions d’apprendre la veille au cours d’une journée passionnante en compagnie de trois chercheurs du Centre d’Étude de la Neige (info ci-dessous) ! Dans le premier raidillon entre 2100 et 2200, orienté plein nord, je fais une coupe, puis une découpe de coin, pas très propre avec ma pelle à la forme trop incurvée, mais à peine ai-je donné le troisième coup tranchant qu’une couche de surface d’environ 15 cm d’épaisseur glisse sans que j’aie eu le temps de tirer dessus. Je renouvelle le test : pas de doute, plaque friable très instable, qui ne tient que par ses ancrages latéraux. Ce sont des grains fins assez peu humides (possibilité de faire de toutes petites boules). Je n’ai pas le temps de faire une étude des autres couches, car Odile file sans soucis apparents à l’assaut du Pic. Mais j’ai le temps de constater l’absence de sous-couches fragiles, ce qui me rassure un peu. De plus, à l’interface entre la plaque friable et le plan de glissement, pas de neige roulée, ni de faces planes, ni rien de ce genre. Il semble qu’il y ait une simple succession de couches plus ou moins épaisses de grains fins peu liées entre elles, en tout cas en ce qui concerne la première et la seconde. Plus haut, dans la succession de petites combes, nous subissons un vent de sud descendant assez froid qui transporte pas mal de neige froide : bonnes conditions pour la formation de plaques. Plusieurs fois, surtout sur les bords, de petites plaques fines se découpent, parfois sur près de 10 mètres carrés. Et puis, le clou de l’exercice, vers 2400, il nous faut amorcer une traversée à gauche pour franchir l’échine rocheuse et regagner la combe principale. Mais tout semble plaqué : je choisis de passer entre un petit replat à gauche et un petit ressaut rocheux à droite. A peine suis-je sorti de la zone à risque qu’une belle plaque friable d’environ 20 m de large sur 15 m de haut se détache et glisse jusqu’au replat : je viens tout simplement de rompre son ancrage aval. Odile, 20 m derrière, n’est pas prise, et moi, je suis juste un mètre au-delà. Il a été intéressant de constater que la plaque s’est décrochée au niveau d’une petite crête au-dessus, là où son ancrage était faible, et surtout que le départ concernait une plaque assez fine (moins de 10 cm d’épaisseur) qui a néanmoins entraîné rapidement des couches plus épaisses. Devant cet épisode, nous décidons de finir de rejoindre la combe principale, beaucoup moins ventée, et de la descendre sans plus tenter le sommet.


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