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Courses

Trilogie à la Roualle

dimanche 27 janvier 2013 par TARDIVEL Pierre

Une trilogie sous le signe du partage et de la transmission.

22 ans pour réaliser ces 3 itinéraires !

- La première descente, au centre, la "classique", je la dois à Daniel Chauchefoin, mon "prof" qui m’a appris à skier en pente raide. C’est lui qui m’a montré cette face, et c’est avec lui que j’aurai dà» y aller. Malheureusement, il a stoppé sa carrière de skieur extrême en 1986, et je me suis retrouvé seul pour la faire. A l’époque, j’avais pu médiatiser cette descente ; elle est donc devenue connue, et du coup souvent répétée. J’ai toujours du plaisir à apprendre qu’une descente est reprise, en espérant que les gens qui y vont ont pris autant de plaisir que moi. Je pense qu’il faut toujours faire connaitre ses réalisations, pour que d’autres puissent aussi en profiter. Aujourd’hui et depuis de nombreuses années, je n’ai plus envie de partir seul pour une première, sans compagnon de course avec qui je vais partager cette découverte, les joies et les peines d’une journée exceptionnelle.

- Les Jardins de Kathy est la plus difficile des 3. En 1991, je n’avais pas encore remarqué cette nouvelle ligne.
J’étais avec un snowboarder : Bertrand Delapierre. Ce jour là, on aurait aimé que Marco Siffredi soit avec nous.
Les snowboarders ont apporté de la fraîcheur et de la jeunesse au milieu du ski extrême. J’ai toujours été admiratif devant leur facilité en déclenchement de virage, leur faculté à maîtriser de belles et longues courbes, avec de la vitesse. Ils ont été une motivation pour me faire évoluer vers des skis plus larges, et essayer de tourner plus en douceur.
Et puis j’étais content de faire découvrir à un Chamoniard les belles pentes des Aravis !

- "les 50ème hurlants", à cause de mon presque grand âge !
Pour évoquer un acharnement à ne pas raccrocher les lattes !
Cette descente était un peu improvisée puisque que je ne l’ai imaginée que quelques mois avant. Comme quoi la montagne recèle toujours des trésors cachés !
Encore une fois avec des chamoniards, qui ne viennent pas assez souvent dans les préalpes !
Je suis parti avec des jeunes, qui sont la toute nouvelle génération du ski extrême, et qui le feront peut-être évoluer vers un ski plus technique, plus "free-ride".
En bas du couloir sommital, Vivian Bruchez et Seb Montaz ont magistralement réussi un saut à skis au dessus du verrou rocheux, avec 300m de barre en dessous d’eux. Chapeau bas ! j’ai mis les crampons et les skis sur le sac et ai sagement franchi ce passage à pieds.
J’ai toujours pensé qu’un jour le très haut niveau technique des free-riders de compétition se retrouverait dans l’évolution de la pente raide.

L’homme a toujours évolué, et le niveau des sportifs augmente sans cesse. On apprend plus vite, et on va plus loin, sans doute en s’inspirant de l’expérience des anciens.
Les mythes ne durent qu’un temps, le temps d’être répétés par d’autres, et remis à leur juste valeur.
La descente de la Roualle, en 1991, me semblait exceptionnelle. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’une sympathique classique.
Nul doute que la découverte de nouveaux itinéraires continuera dans tous les massifs. On verra peut-être aussi d’impressionnants enchaînements : plusieurs couloirs dans la journée.

Il y a de l’avenir et la montagne n’a pas fini de nous apporter du bonheur.


Messages et Commentaires ...
  • 28 janvier 2013 STB - évolution de la technique

    Merci pour cet historique intéressant.
    je rebondis sur ce que tu dis à propos de l’évolution de ta technique de virage (2ème paragraphe). Effectivement sur des vidéos récentes, on te voit utiliser une technique qui semble s’éloigner du classique "pédalé-sauté", les skis restant beaucoup plus au contact de la neige, notamment en spatule.
    Peux tu nous en dire plus cette évolution technique, en lien j’imagine avec celle des skis, plus courts et plus larges.


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