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Matériel

SIG 2005 : retour de la rando

dimanche 27 mars 2005 par SHAHSHAHANI Volodia

Une nouvelle version du SIG s’est tenue à l’Alpexpo de Grenoble du 21 au 24 mars, sur un espace certes réduit par rapport aux années fastes et un nombre limité de visiteurs (3500 selon les organisateurs) mais avec le retour de certaines grandes marques et, surtout, pour ce qui nous concerne (le ski de montagne), la présence de toutes les marques ou groupes distributeurs. Atomic, Colltex, Dynafit, Dynastar, Fischer, Garmont, Hagan, Kneissl, Movement, Pomoca, Scarpa, Silvretta, Skitrab, Volkl...
Dans l’ensemble j’ai noté peu de nouveautés, donc une certaine stabilité de l’offre, ce qui satisfera sans doute les détaillants comme les consommateurs.

CHAUSSURES. Beaucoup de nouvelles déclinaisons ou changements d’apparence chez Dynafit et Scarpa mais pas d’innovation majeure, m’a-t-il semblé.

FIXATIONS. Une nouvelle fixation à plaque chez Nic-Impex dite d’approche, l’Evo (1300 gr selon le fabricant). Plusieurs modeles de la Pure de Silvretta (dont un modele enfant, malheureusement plus lourd que le modele adulte) et un modele en titane de la Low Tec de Dynafit qui passerait selon le fabricant sous la barre des 500 (grammes, la paire) mais s’approcherait aussi de ce seuil (pour ce qui est du prix en euros).

SKIS. Les deux leaders ne changent pas leur gamme. Dynastar conserve sa trilogie, y compris le design, avec les trois Alitrail : standart, plume, vertical ; les principaux Atomic sont reconduits, MX 20, MX 11, MX9, MX8. Chez Skitrab, à côté du duo race et du duo sint aero, apparait un duo sintesi avec les mêmes cotes que le duo sint aero. Du coup le prix public conseillé du sintesi (inchangé sauf la couleur) sera nettement abaissé. Au lieu de 400 euros il sera proposé à 330 euros, en fait le prix où on le trouvait ces dernieres années : si le phenomene se répète, il ne serait pas etonnant de le voir passer juste sous les 300 euros. De son côté le groupe Salewa propose deux gammes paralèlles étoffées avec ses deux marques Silvretta et Dynafit, qui comptent également les chaussures et fixations assorties, leur permettant de proposer des packs ( à des prix parfois attractifs chez Silvretta).

La tendance générale sur les skis
. Je relève une amplification de l’offre aux deux extrémités. Les skis "course" sont présents dans presque toutes les marques et se ressemblent : patin étroitisé à 64 mm en moyenne et poids plume, en général moins de 1800 gr la paire en 160 cm, devenue taille de référence pour ces modèles. A l’autre bout c’est une profusion de "pelles à tarte", les skis dits "rando free-ride" : larges, pas trop lourds mais avec des rayons de courbe de plus en plus serrés (20 m semble être devenu une norme en 170 cm).
A l’inverse, l’offre se reduit encore en matière de skis classiques ou neo-classiques. Il devient de plus en plus difficile de trouver des skis avec un rayon égal ou supérieur à 25 m dans la taille de référence (170 cm). Autant dire que ces modeles sont pratiquement inexistants dès lors que la taille diminue (165 cm ou moins). C’est donc un véritable probleme pour les femmes, les légers, les petits, les vieux ou tous ceux qui ont suivi la tendance au raccourcissement. En fait, en ne changeant pas les lignes de cotes selon les longueurs de ski (à l’exception d’Atomic, mais avec des rayons inférieurs à 25 m), on offre sous le même nom des skis aux comportements différents : quel rapport par exemple entre un vertical de 178 cm/R=28m et le même modele en 160 cm/R=21 m ?

En conclusion, il me semble qu’il serait temps qu’un fabricant rompe avec cette tendance "carving" en repensant la question dans les termes suivants, définissant ainsi le ski de rando neo-classique.

  1. un ski de montagne est un ski efficace en montée avec une peau droite.
  2. Emprunter ce qu’il faut aux skis de piste et hors-piste et rejeter ce qui ne convient pas, soit : relever un peu le talon (appréciable pour les changements de direction en montée et descente) mais conserver les spatules hautes et souples des skis de montagne classiques (pour la trace, les sauts, les franchissements de ruisseau, troncs... ).
  3. Systeme non propriétaire d’accroche des peaux : les encoches de l’altiplume sont un bon exemple de ce qu’il conviendrait de généraliser.
  4. le rayon de courbe d’un ski de montagne, quelque soit la longueur choisie, ne devrait pas être inférieur à 25 m (strict minimum) : un tel rayon apporte déjà une bonne assistance sans générer un survirage pénalisant dans les neiges croutées, les chemins (quand le chasse-neige est requis) ou les goulets étroits (où un dérapage latéral s’impose).
  5. On calcule un juste rapport poids-portance, avec un poids de l’ordre de 2,2 kg/165 cm (ce qui pourrait donner dans cette taille quelque chose comme 98-73-88).
  6. Dans les autres tailles, pour une largeur de patin à peu près constante, on élargit (ou étroitise) les extrémités ce qui augmente (ou diminue) la portance ou le poids : comme le poids du skieur varie lui aussi avec la taille, on aurait alors la possibilité d’offrir quelque chose d’équivalent à tous.
  7. En "fixant" en quelque sorte une nouvelle norme pour le ski de montagne classique (comme il y en avait une avant les bouleversements carving plus allègement de ces dix dernières années), le choix des peaux de phoque cesserait d’être un casse-tête. (Rappelons que le prix d’une peau mohair taillée-posée est proche aujourd’hui de celui d’un bon ski hors-gamme proposé par certains soldeurs, un comble... et un frein quand on veut renouveler ses skis.)

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