COTATIONS : quelques précisions

Des désaccords sont apparus entre certain pratiquants de haut niveau. Il y a aussi parfois une confusion sur les niveaux inférieurs.

Niveaux 1 et 2.

Ils sont équivalents sur le plan technique mais se distinguent pour le ski 1 par :
– un dénivelé de 800 mètres maximum
– un risque d’avalanche très rare
– une exposition qui ne peut dépasser E1
– pas de difficulté alpine, reste en R parfois F


A contrario on peut prendre pour exemple du ski 2 ,le tour de Belledonne depuis Allemont décrit dans le toponeige en J12 et coté :
– ski 2.3
– Marche PD
– exposition E2
– D+/- 2000
Conséquence le niveau technique supérieur à 1.3 est 3.1 comme pour 2.3
Pour illustrer on pourrait dire que le niveau 1 répond au dialogue suivant :
 » Chérie, les enfants ne tiennent pas en place ! »
« Tu n’as qu’as les emmener en rando »

ps : il n’est pas exclu que quelques dérives par rapport à cette distinction se trouvent dans nos TOPONEIGE

Niveau 5

Le sujet a d’abord été soulevé par des skieurs de haut niveau pour le massif des Ecrins sur le Glacier Noir. On avait alors le decrescendo suivant :
5.5 = Ailefroide Fourastier EES/D7 Sans Nom face nord EES/D11
5.4 = Coup de Sabre EES/D9,  Pelvoux EES D12-13-14, Coolidge dérobé EES/D2
5.3 = col glacier Noir EES/D8, Sans Nom brèche EES/D10

Lors dune répétition des deux ouvertures en 5.5 réalisées par Hervé Degonon, Benjamin Védrines et Nicolas Jean ont estimé que D11 était un cran au-dessus de D7. Plutôt que d’utiliser l’échelle progressive du système de cotation ils ont préféré décoter D7 à 5.4. Ce qui a eu pour conséquence la décotation du Coup de Sabre EES/D9 (traditionnel 5.4 de référence) à 5.3. Un telle proposition aurait des conséquences importantes dans les Ecrins et ailleurs. Quelques exemples sur les massifs d’altitude.


Glacier Noir
EES/ D2-12-13-14 de 5.4 à 5.3
EES /D8 – D10 passeraient obligatoirement en 5.2

EES (autres vallées )
Le Pelas Verney EES/E10 passerait alors de 5.3 à 5.2
Basse EES/G7 5.2 -> 5.1 Bertrand EES/G9 5.1-> 4.3 etc

Ecrins Nord
Le col de l’Ange ENO/J7 descendrait de 5.4 à 5.3 idem pour les couloirs du Soreiller (Dalloz, Bordeaux). Burlan ENO/H14 de 5.2 à 5.1, Piaget ENO/J18 de 5.2 à 5.1
col de roche Faurio ENO/J10 de 5.1 à 4.3

Ecrins sud
Sirac ESU/L5, 5.4 -> 5.3 , Jocelme ESU/L10, 5.3 -> 5.2,
Puy des Baumes ESU/H3 de 5.2 -> 5.1, Berchon de Chauvetane ESU/ M4 de 5.1 à 4.3

Mont-Blanc.
Verte, Couturier et col MBL/C2-C3 5.4 -> 5.3, Whymper MBL/B13 5.3 -> 5.2,
Brabey MBL/E7 de 5.2 -> 5.1

Vanoise
Italiens VAN/E1 de 5.4 à 5.3, Ciamarella VAN/J10 de 5.3 à 5.2
On peut allonger la liste sur tous les autres massifs et voir le résultat d’une telle dégringolade sur les niveaux inférieurs à commencer par le ski 4.

Conclusions

1  on conserve les cot actuelles sauf modifications évidentes dans leur logique. Libre aux ouvreurs qui pensent que de nouvelles descentes sont un cran au-dessus des références 5.5 comme la voie des Autrichiens aux Courtes ou la Fourastier à l’Ailefroide, de les placer au-dessus ce qui comme on l’a vu suscite des débats.

2 Aujourd’hui la progression dans la difficulté se mesure le plus souvent en performance athlétique par des enchaînements ou empilements. Trois voies difficiles c’est autre chose qu’une seule mais n’a pas d’influence sur les cotations

3  La cotation est à forte dominante technique un 5.1 est un 5.1 en Chartreuse comme en Himalaya : chacun comprend où se situe la différence.

4 Plutôt que de tasser les niveaux supérieurs actuels il est préférable d’anticiper l’entrée du freeride en ski-alpinisme. Ex : le colimaçon du GP Belledonne sans rappel ni déchaussage ni voile (rêvée dans BEL/J9) serait à une niveau supérieur à ce que l’on connait aujourd’hui. Le transfert des compétences du free-ride vers le ski-alpinisme classique est à suivre.
Comment coter des sauts de 50-100 m avec réception délicate ? Par exemple une falaise déversée et lisse valant 8 oblig en grimpe ? Il n’y a pas ici de correspondance ski/marche.
Imaginons sauts importants, descente de gorges très étroites avec des skis très courts où la neige peut tenir sur des passages à 60°. Kilian Jornet a proposé un 5.6 pour le Breitind (Norvège). Il ne serait pas le plus mal placé pour cette cotation n’ayant pas déchaussé dans la voie des Autrichiens (MBL/C4) en la laissant à 5.5 tout comme Paul Bonhomme qui la répétée de la même façon.

5 Vitesse : ce n’est pas parce que Jeremie Heitz descend les pentes en deux minutes là où il en fallait 20 que la cot doit être abaissée.

6 Nous ne mettons pas de + ou – sur les TPN

7 Il est bien sûr possible d’ajouter des précisions à la cotation quand une descente est réalisée en speed-riding (voile), dry-ski ou autre…

La cotation toponeige étant ouverte vers le haut, l’élite actuelle du ski-alpinisme ne devrait pas hésiter à l’utiliser. Après tout la difficulté en escalade est restée coincée pendant des décennies au 6sup puis s’est débloquée vers le 7, le 8 et le 9 !