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[matériel] [sécurité] Matériel

Matos : qui aime bien châtie bien.

lundi 23 janvier 2017 par SHAHSHAHANI Volodia

Pour l’ensemble ski-fixation-chaussure, je passe en revue mes trois modèles préférés qui me procurent de grandes satisfactions mais comportent toujours quelques imperfections, d’où le titre.

SKI PRÉFÉRÉ…mais spatule oubliée

Blizzard 0 G 95, 164 cm, 2320gr, 125/95/111, R =18*. Prix liste 650€, prix rue 450€

Dans le minitest perso 2016 j’avais été attiré par celui du communitytouringclub. Il était temps d’essayer ce Blizzard.
- sécurité en neige dure : le ski est très stable sur la carre et on le ressent sur toute la longueur, sensations pas éloignées d’un ski de géant à l’ancienne (8ties), pas des géant actuels bien sûr. Déjà à la montée, je me suis senti plus en sécurité qu’avec l’excellent Himalaya d’Elan, aux cotes identiques ; sensations proches de celles d’un ski plus étroit. Surement dû à une très grande rigidité en torsion. A ce propos je n’ai jamais compris pourquoi, sur un ski de rando, on n’aurait pas une rigidité maximale en torsion : elle n’amène que du bien (c’est la flexion longitudinale qui peut être discutée).
* Avec la même ligne de cotes et la même longueur, le fabricant de l’Himalaya donne un rayon de 20 m et celui du G95 de 18 m. A l’usage j’ai pourtant trouvé le second moins carvant que le premier !
- facilité neiges irrégulières vitesse faible. RAS. Là, je suis en total désaccord avec le verdict de community : "Pinturault en mode peaux". Bien que dépourvu de rocker, ce ski est très facile et je considère qu’au même titre que l’Himalaya il convient du débutant au bon skieur. Evidemment on peut toujours faire plus chewing gum avec des rockers géants ou pourquoi pas des cambres inversés, mais alors on perd trop en polyvalence et du coup le débutant mal orienté devra débourser pour une deuxième paire. C’est un piège marketing sauf si le débutant en question a décidé qu’il ne progresserait pas et se limiterait au niveau 1 en poudreuse.
- stabilité vitesse moyenne en profonde et trafolée. Là encore, on est surpris de voir le G95 rivaliser avec l’Himalaya, mais jusqu’à un certain point. Le MAIS est ici dans la spatule, beaucoup trop basse (voir photo). Sachant qu’il n’y a pas (ou si peu) de rocker, la gêne est déjà très nette dans la trace à la montée.

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Himalaya orange, G95 vert
Encoches "maison" sur les spatules

Qu’est-ce qu’il leur a pris chez Blizzard de gâcher (partiellement) une telle réussite ? Il ne peut y avoir d’excuse technique : il est parfaitement possible de conserver toutes les caractéristiques du ski (structure, géométrie, souplesses, matériaux) sur sa surface utile (celle qui est en contact avec la neige tassée), avec juste un relevé plus prononcé de la spatule. Est-ce la faute d’un gestionnaire pour économiser un moule avec celui d’un modèle déjà amorti ? Ou bien la facétie d’un graphiste-marketteur pour faire" moderne" ? Cette bévue est à la limite du défaut de fabrication. Vite, Blizzard refaites ce G95 à l’identique avec une vraie spatule.

Bien entendu, Blizzard, comme encore la quasi totalité des marques, a omis de tailler les deux encoches en spatule pour insertion de l’élastique de compétition. Il devient pénible de devoir se répéter. Peut-être, faudra-t-il lancer un boycott des marques qui vendent des systèmes propriétaires pour l’accroche-avant des peaux ? L’ ISMF et les bureaucraties nationales (FFCAM, FFME …) pourraient ainsi se rendre utiles.
L’essai est pour le moment incomplet, donc pas de notation, et j’attends quelques autres avis avant de l’inclure dans mon échelle mobile, avec si possible quelques autres nouveautés.

CHAUSSURE PRÉFÉRÉE …mais fiabilité en défaut

Gignoux XP Black, 1200 gr/260, 1500€

J’ai suffisamment propagé depuis 10 ans tout le bien que je pensais de cette chaussure pour ne pas relever quelques insuffisances. Je parle bien du modèle "Black", qui se veut le modèle tourisme et non pas de la "Race" (1000gr), également proposée sous la marque Dynafit.
Point fort, la rigidité frontale en descente. Elle n’est égalée que par les chaussures d’au moins 2000 gr (2200 avec languettes), type TLT Dynafit. Sur ce chapitre, les coques grilamid assez légères d’environ 1500 gr (ex : Dynafit PDG, Sportiva Syborg…) sont encore loin du compte même si elles n’ont pas à rougir pour tout le reste : débattement montée, rigidité latérale et arrière, étanchéïté et surtout le prix : liste 700€, rue 500 €. Faute d’appui frontal suffisant, je reste donc fidèle à la Gignoux, MAIS, car il y a plusieurs "mais" que j’ai eu le privilège d’expérimenter, et certains sont très désagréables.

- casse du téton de verrouillage en descente (aucun choc) . On se retrouve avec une basket à un pied (photo). Heureusement c’était en poudre et sur une pente peu exposée.

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teton brisé


- perte de l’insert arrière pendant la montée. Par définition, on ne peut le constater qu’au sommet au moment du chaussage puisque la descente précédente était RAS. La descente se fait alors en télémark sur un pied. Ici aussi "l’expérience" s’est faite sur une neige facile et un terrain non exposé.

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Double insert
Le double insert compense l’accessoire crampon

- accessoire crampon. C’est une pièce supplémentaire sur la Black, le trottoir arrière ayant été supprimé. Du coup, la position à plat avec fixation classique type "Speed" est impossible. La solution consiste à visser un second insert sur le premier, ce qui améliore aussi le déclenchement. Au demeurant les inserts Gignoux sont anguleux et n’ont pas ces arrondis des inserts industriels, qui facilitent peut-être la rotation.
- chaussons Palau parfois défectueux : cela m’est tout de même arrivé deux fois. Gignoux avait correctement mesuré mon pied et le chausson portait la bonne marque (260). La première fois j’ai skié plusieurs mois jusqu’à me détruire les orteils. J’ai fini par mesurer le chausson, c’était un 250 ! La 2ème fois j’ai vérifié avant ! Au demeurant, coutures arrière fragiles.
- soufflet d’étanchéité : mériterait de monter plus haut à l’avant.
- pas de thermoformage chez Gignoux alors que la plus petite boutique vous le fait gratuit pour une chaussure à 200€. J’invite les futurs acheteurs à exiger cette prestation, car l’opération n’est pas nécessairement sans risque (pour le chausson), donc c’est au vendeur de le prendre. Avec ces chaussons très fins, il est conseillé de skier au moins une fois sans thermoformage et voir si cela est nécessaire.

In fine, je précise que pour tous les petits désagréments évoqués ci-dessus, le SAV de l’EURL Gignoux est irréprochable et très accueillant.

FIXATION PRÉFÉRÉE… en régression

Dynafit Speed Super Light 440 gr, 500€

Dynafit Speed Superlite 1. C’est loin d’être parfait mais je m’en contente à peu près, le compte rendu se trouve ici
- Régression n° 1. La SSL 2.0 comme la SSL1 ne possède pas de position à plat mais une hauteur de cale abaissée à 30 mm, ce qui fait qu’avec la plaque d’ajustement (disponible seulement à l’arrière) on monte à 35 mm ce qui est proche des hauteurs des fixations de compétition et de la SSlL1 (en moyenne 37 mm). On peut donc alterner avec le bâton cette hauteur avec celle de la cale 2 (50 mm). Mais pour passer en descente il faut faire tourner la fixation à la main, donc on doit se baisser. Sur la V1, tout se fait au bâton : cale 1, cale 2, descente.
- Régression n°2. Pas de réglage dureté frontale alors que sur la V1 il y figurait.
- Un bonus quand même : le stop ski amovible


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