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Neige

Recul glaciaire en Vanoise (3)

lundi 7 septembre 2009 par ABELÉ Jean-Baptiste

Pour faire suite aux articles 1 et 2 de l’automne 2008, voici un état de nos glaciers de Vanoise - en l’occurrence haut-Mauriennais - durant cet été 2009.
Ces images illustrent le volume des glaciers tel que défini dans la nouvelle édition (2008) de la carte IGN 3633ET.

A noter que l’excédent de neige dû aux précipitations exceptionnelles de cet hiver 2008/2009 n’aura finalement laissé que de discrètes traces, succombant à la succession d’un printemps et été doux et secs (Météo France confirme d’ailleurs que nous venons de subir le 5ème été le plus chaud depuis 1950).

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Glacier supérieur du Vallonnet, sous l’Albaron et les pointes du Grand Fond. Le 26/07/09.

Remarque : il est probable que le Vallonnet était donc skiable fin juillet jusque vers 2700m.

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Charbonnel et sa Grala. Le 26/07/09
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Grande et petite Ciamarella. Que de rochers dans la face nord de la grande ! Le 26/07/09
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Glacier du Mulinet. Le 26/07/09
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Albaron
Glacier du Grand Fond. Le 23/08/09
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Bessanèse-Arbéron
Glaciers des grandes Pareï et d’Arnès sous la Bessanese et l’ouille d’Arbéron. Le 23/08/09
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Charbonnel
Charbonnel, depuis la chapelle de Tierce. Le 23/08/09
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Ronce
Ronce et la relique du glacier du Vieux. Le 23/08/09
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De la Gande Ciamarella (très sèche !) aux Pointes du Grand Fond. Photo JEB, septembre 2009

Messages et Commentaires ...
  • 8 octobre 2009 didier coffy - Observations perso..Albaron.

    J’ai fait l’Albaron par le glacier du grand fond le 28 juillet 1980 après avoir bivouaqué au pied du glacier ( à l’époque on était autour de 2800 mètres). Aujourd’hui ? Sur la photo il m’a l’air d’avoir bien reculé. J’observe que l’évolution n’est pas la même pour tous les glaciers à altitude égale ; CErtains ne bougent pas (des petits comme le glacier Lombard en Oisans au-dessus de la Grave sont dans le m^me état q’en juillet 75 l apremière fois où j’y suis allé, alors que dans le même temps, le glacier de la meije !!!! Il y a une rupture dans l’équilibre des glaciers à partir de la deuxième partie des années 90 (faciles à voir à l’oeil nu et confirmé par les gens du pays). Quand on compare avec la moyenne des températures sur ces années là et celle du taux d’ozone, les deux courbes sont parallèles. No comment... Si celà intéresse quelqu’un je peux transmettre toutes mes observations depuis le milieu des années 70 quand j’ai commencé à passer mes étés au-dessus de 3000. J’ai beaucoup de choses à dire sur le Glacier blanc (où j’ai travaillé au refuge en aoput 74). A suivre...

  • 9 octobre 2009 didier coffy - Observations perso..Trièves.

    J’ai traversé le glacier inférieur du vallonet le 5 juillet 1980 vers sept heures du matin. A l’époque on y accédait vers 2400 mètres puis on pouvait passer entre deux trois crevasses au milieu du glacier : aujourd’hui ? Sur google earth le glacier a l’air d’avoir gardé sa configuration de l’époque. Quand on fait la traversée Carro - Evettes, le passsage du col de Trièves vers le glacier des sources de l’Arc (celui là devient méconnaissable...) a changé aussi. Il faut dire que l’été 80 fût très enneigé. Un truc facile à observer c’est de se mettre exactement au même endroit chaque année à la même heure (un type a fait çà avec un appareil photo à Chamonix avec les Bossons) : ce qui frappe c’est qu’on a aujourd’hui fin mai début juin l’enneigement qu’on avait autrefois (je veux dire jusqu’aux années 90) fin juillet. Sachant qu’un glacier fond beaucoup plus vite quand il est découvert de neige (les rayons du soleil "s’enfoncent" beaucoup plus dans la glace que dans la neige qui réverbère donc renvoie la chaleur dans l’atmosphère),conjuguer à un déficit de quantité de neige sur une année : cherchez pas l’erreur.

  • 16 octobre 2009 Didier Coffy - Choses vues...

    En juillet 75 on pouvait sans problème traverser à ski de fond le lac du Goleon (au-dessus de la Grave) à seulement 2400 mètres...et continuer jusqu’au fond du vallon du Maurian. Sauf en 76 (sêcheresse), ce fût aussi possible en 77, 78, 79 et 80. Un point commun à ces années là : un printemps et une moitié d’été (jusqu’à début aôut) frais et humides : donc des glaciers impéccables jusque tard dans la saison. Grande différence avec aujourd’hui, la position durable des masses d’air (facile à vérifier au fil du temps sur une simple,carte météo) : à l’époque l’anticyclone des açores "montait" peu en début d’été provoquant ainsi l’entrées des masses d’air perturbées océaniques donc apportant beaucoup de préciptations. Aujourd’hui cette situation devient rare (là aussi observez sur du long terme les cartes météo) avec une large masse anticyclonique (donc sêche) installée durablement été comme hiver de l’Afrique à l’Europe du Nord et envoyant de l’air chaud (anormalement doux en hiver) et très chaud voire caniculaire en été (extrême 2003). Cet air africain explique la diminution des précipitations et la hausse des températures (d’où le recul des glaciers). Il entraine beaucoup plus souvent qu’autrefois, le phénomène des pluies de sable (extrêmement rare avant : je me souviens d’un épisode de "neige rouge" à la Bérarde mais c’est tout) venues du Sahara. Un scientifique m’a expliqué un jour que cette modification des masses d’air, redoutable pour la suite, venait sans doute du changement de particules dans l’atmosphère avec l’arrivée d’éléments toxiques industriels. Les glaciers qui ont leur bassin d’alimientation à moyenne haute altitude (autour de 3500 mètres) avec un langue terminale vers 2800 risquent d’être les plus touchés (la neige accumulée n’a pas le temps de se transformer en glace et de nourrir ainsi le glacier : donc grande inquiétude pour l’Oisans, la vanoise.. un peu moins pour le massif du mont blanc même si il ya des bizarrerie (explicable peut-être par l’orientation) puisque des tous petits bougent peu (glacier de Freydane à Belledonne : mais est-ce un glacier ou un gros névé ?).
    Dans les phénomènes neigeux les plus surprenants, l’hiver 70-71 reste marqué dans ma mémoire avec des quantités incroyables dans le beaufortin (secteur des Saisies). J’y reviendrai.

  • 21 octobre 2009 VSH - belledonne

    pour ce qui est du glacier de freydane ainsi que ceux de l’argentière et de gleyzin, je crois qu’il n’y a pas de doute sur leur qualification de glacier. les spécialistes préciseront

  • 26 octobre 2009 Jacques Cayuela - Glacier de Freydane

    Bonjour Volodia,
    Je transmets la réponse de Sylvain Coutterand.
    "Bonsoir,
    Freydane est encore un glacier actif, alimenté essentiellement pas des avalanches et relativement protégé grâce à son exposition. N’hésitez pas à me joindre sur mon mobile. Par ailleurs, je suis intéressé par certaines de vos photos des glaciers de la Vanoise
    Bien cordialement

    Sylvain Coutterand
    EDYTEM, CNRS
    Université de Savoie
    http://www.glaciers-climat.com "

  • 27 octobre 2009 Didier Coffy - Choses vues...

    En août 74 j’ai travaillé un mois au refuge du glacier Blanc . Déjà à l’époque la physionomie de la partie basse du glacier (avant la rupture de pente et des séracs) ne correspondait pas vraiment à ma carte IGN (c’est pas nouveau ils ont toujours un certain retard à l’allumage....Rien à voir avec les anciennes cartes postales du refuge Tuckett.. La partie gauche du glacier était découverte avec l’apparition de ces fameux rochers dits "moutonnés" (formule judicieuse du regretté Rebuffat)qui recevaient de temps en temps les chutes de séracs du haut (on en profitait parfois pour aller chercher des blocs qui nous servaient à rafrachir le garde-manger...!). L’autre partie subsistait sur une largeur qui, j’ai vérifié depuis, a encore diminué. La langue se terminait avant le petit pont. Déjà on sentait le glacier malade, j’en discutais avec des vieux guides. Par contre la zône d’accumulation, quand on accèdait à la partie plate secteur refuge des ecrins était toujours en neige. J’ai observé ces dernières années sur des photos d’amis que celle-ci est de plus en plus souvent en glace (chose impensable à l’époque, il suffit de regarder de vieilles cartes postales). Pour retrouver la neige en aôut il faut parfois remonter les premières grandes pentes donnant accès au Dôme. Ce changement est je pense le signe fatal (à moins d’un changement radical peu problable..) de la remontée inexorable de la langue terminale (jusqu’aux séracs sui surplombent la langue terminale actuelle ? C’est possible... Moins de neige l’été sur le haut c’est moins de glace à l’arrivée en bas.

    Un mot sur le glacier du Pissaillas (Val d’Isère) : impeccable (malgré la cohorte de skieurs estivaux ) en juillet 1980, est-il vrai qu’il est aujourd’hui équipé de canons à neige ? Le délire des canons à neige est sujet sur lequel il faudrait accumuler les dossiers (en particulier sur les conséquences hydrauliques : encore une fois je ne suis pas spécialiste, seulement simple témoin, observateur minutieux....


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