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Neige

Plaques en Haute Durance

vendredi 11 mai 2007 par VOLLE Louis

Pour ceux qui n’ont pas vu…ou pas su …ou pas cru . A réfléchir pour le prochain hiver !

Depuis une dizaine de jours la remontée très forte de l’isotherme et les fortes chaleurs diurnes jouent un véritable rôle de révélateur des conditions bien particulières d’enneigement dans les régions de la haute Durance durant cette saison. Dés le début de l’hiver, avec la carence de neige, se mettent en place des piéges insidieux ; ils consistent en une pellicule de givre de surface qui avec la durée va évoluer en une fine couche de cristaux vitrifiés arrondis ou oblongs ; ils consistent surtout en une couche un peu plus épaisse de gobelets résultat de la transformation négative des petites chutes de neige de fin 2006. Tout l’hiver cette situation perdure car les chutes de neige plus significatives à partir de fin janvier recouvre l’ensemble des montagnes haut alpines. Dans les pentes très fortes « autonettoyantes », la situation se normalise ; de même au dessous de 1800-2000 en raison de la douceur permanente des températures. Par contre, à moyenne altitude et dans les pentes moyennes à fortes, les accumulations deviennent importantes et le manteau reste superficiellement stable. Il le reste jusqu’à la venue des chaleurs depuis une dizaine de jours. Les coulées deviennent très nombreuses avec départ en plaque et évolution en coulée de neige lourde avec boules. Leur dimension est parfois considérable (combe NO de Rasis, Fonts du Creuzet, Rissace, Grande Manche…).Au cours de la saison plusieurs skieurs, ignorant sans doute cette situation, ont été victimes de cette fragilité cachée, en particulier dans les zones supérieures des mélézins, les pentes souvent moyennes qui les dominent, les talus et les combes sous le vent. A l’occasion d’une série de courses dans des lieux variés je suis allé voir les bords de cassures et j’ai pu constater que sous les parties des plaques encore en place il y avait toujours des restes de cristaux amorphes, humidifiés. Quand la plaque s’affaisse l’avalanche glisse sur le plan lubrifié du début d’hiver. Ce qui signifie qu’il y a eu isothermie sous les couches durant tout l’hiver et le début de printemps malgré la clémence générale du climat. A deux reprises j’avais signalé cette dangerosité…qui reste vraie aujourd’hui en cas de d’horaires fantaisistes. De nombreux skieurs signalent en ce moment cette neige « pourrie ».



BAUDE

CLAUSIS

MANCHE

PASTURAL

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