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Matériel

Test de la XP 500 (chaussure carbone)

lundi 30 avril 2007 par SHAHSHAHANI Volodia

J’ai acheté cette saison la chaussure xp 500. C’est une chaussure conçue et fabriquée par un compétiteur de haut niveau (Pierre Gignoux) pour des compétiteurs à la recherche de performances. Ne faisant pas partie de cette catégorie de skieurs, j’ai essayé de voir si cette nouveauté pouvait être intéressante pour moi, et éventuellement d’autres skieurs-alpinistes pratiquant la discipline dans sa version GT (grand tourisme).

DESCRIPTION.

- La xp 500 est une chaussure en carbone et non en plastique comme les modèles du commerce.
- Le poids de la paire de coques en pointure 40 est de 920 grammes. En y ajoutant un chausson thermoformable ordinaire (430 gr., on peut trouver moins) le total de la paire s’élève à 1350 gr. Dans la même pointure une Scarpa Lazer Thermo pèse 2900 gr.
- La xp 500 se compose des éléments suivants : un sabot assez près du pied, un collier très haut, une languette basse avec boucle de type "roller", une languette haute avec velcro et ficelles, un levier de blocage s’insérant dans un téton (voir photo).
- La xp 500 est équipée d’une semelle caoutchouc artisanale assez légère.
- Le prix de la xp 500 (sans chaussons) est de 1200 euros, donc 1300 euros complète (les chaussures de randonnées valent en moyenne 350 euros).

COMPORTEMENT

- Les passages ski-marche (SM) et marche-ski (MS) sont instantanés et très fiables. Une fois qu’on a bien réglé la boucle inférieure et le velcro supérieur, cette position assure un confort maximal en position marche et une tenue optimale en position ski. Il y a juste à actionner le levier qui s’enclenche (et se défait) parfaitement. Cette aisance dans les manips permet aux compétiteurs de gagner un temps précieux mais elle apporte aussi un grand confort en rando contemplative, par exemple lorsqu’une descente est entrecoupée de nombreuses portions déneigées.
- En montée le débattement arrière est énorme et la flexion vers l’avant est complète. La seule perception de retenue peut venir du chausson. Il pourrait être intéressant de fabriquer un chausson spécial, adapté à la rando. On y gagnerait aussi en poids.
- En descente la rigidité et la réactivité sont au moins égales mais le plus souvent supérieures à celles d’une chaussure de ski de randonnée et probablement au niveau de certaines chaussures de piste. Pour ma part, skiant depuis plusieurs saisons avec une Scarpa Laser (que je n’ai jamais trouvée insuffisante en skiabilité), j’ai même eu besoin d’un peu de temps pour m’adapter à la grande réactivité de la XP 500. En l’absence de serrage oblique du coup de pied et du fait de sa tige très haute, on skie surtout la XP 500 à partir du tibia, le pied restant au demeurant bien tenu grâce à la finesse de la coque.

ADAPTATIONS

La XP 500 est certainement parfaite pour des athlètes prêts à retoucher leur matériel après chaque compétition. Pour un usage de type GT, plusieurs points restent à améliorer selon moi.

1. La languette supérieure peut être abîmée au contact du collier lors du verrouillage (c’est la raison des adhésifs blancs sur la photo).
Le velcro qui la maintient pourrait être plus costaud.

2. La boucle inférieure. Pas de problême de serrage, même au froid. C’est au desserage que ça coince. Il faut deux mains et beaucoup de patience pour la retirer par 30° à l’ombre. Et quand elle gèle, on rentre à la voiture, on conduit avec (facile grâce au débattement) on dirige le chauffage sur les pieds et au bout de quelques kilomètres on se retrouve dans la situation précédente.

Outre le confort, la sécurité est en jeu. Exemple : vous skiez dans la profonde seul et le ski reste coincé sous une branche ; la jambe est tendue, ça tire. La Low Tech a bien déclenché mais la chaussure n’est pas sortie des ergots et elle est trop difficile à manoeuvrer dans la position inconfortable où vous êtes, la tête en bas. La seule solution n’est parfois que de sortir le pied de la chaussure (expérience vécue).
Selon moi, une boucle-crochet ordinaire en plastique ne serait pas beaucoup plus lourde. Argument de Gignoux : "les boucles classiques se défont quand on marche dans la neige, c’est ennuyeux en compétition". Certes, mais hors compétition, ce n’est pas une catastrophe, et cela ne se produit pas très souvent.

3. Semelle. Elle est tendre, dans tous les sens du terme. Confort à la marche mais aussi destruction rapide. En outre, les blocs carrés n’évacuent pas les éléments (neige humide, terre, cailloux…), d’où bottage. (La solution consiste à retailler les blocs au cuter, ce qui n’a pas été fait à l’origine). En 20000 m de dénivelé (dont 19500 à skis et 19800 sur neige…) j’ai déjà eu trois décollages. (Et je précise que je ne suis pas de la famille S.A.V-man, comme certains de mes amis que je dénoncerai pas ici).
Bref, pour la rando, on ne peut pas faire l’économie d’une semelle résistante de type "vibram".

4. Etanchéïté. Y’en a pas ! L’eau, la boue, la neige rentrent par l’arrière (à la jointure collier-sabot lors de fortes flexions en position marche) et par l’avant, dans l’espace laissé entre les deux languettes.
Ce problême n’en est pas un pour une compétition qui dure quelques heures et dont les participants recouvrent leur chaussure avec une combinaison prévue à cet effet : fente pour le levier et élastique sous chaussure. Mais pour une pratique un tant soit peu engagée, cette réponse n’est pas satisfaisante. Il faut qu’un minimum d’étanchéïté soit procuré par la chaussure elle-même. (Une première ébauche de solution serait l’insertion d’un joint de type PVC avec soufflet à l’avant et une petite languette plastique à l’arrière).

CONCLUSION (provisoire)

Y’a moins performant, mais c’est plus lourd (moins cher aussi, il est vrai).

- Parfaite pour ceux pour qui elle a été conçue, elle nécessite cependant quelques adaptations, qui ne touchent pas au concept mais à quelques détails de confort/longévité.
Le surpoids occasionné par ces retouches ne devrait pas être considérable. Une boucle-crochet en bas, deux joints d’étanchéïté et une semelle solide : peut-être 250-300gr grammes en plus pour la paire. Autrement dit, chausson compris, la XP 500 de compétition pourrait facilement évoluer vers une "GT 600", donc 1200 grammes pour la paire de coques, soit 1600 grammes pour l’ensemble avec chaussons.

- Plutôt que légiférer sur le poids des chaussures (fixé bureaucratiquement à 1800 gr la paire), les instances qui régissent le sport de compétition auraient été mieux inspirées de s’appuyer sur des critères fonctionnels. Ce que j’avais fait lorsque j’avais mis au point les premiers réglements internationaux en 1992, entre autres pour la chaussure définie comme : "montante, couvrant les maléolles, protégeant le pied des chocs et des intempéries et munies d’une semelle crantée d’au moins 4 mm". Et basta !
Le ski de montagne étant un sport naturel, il ne faudrait légiférer que sur ce qui a trait à la sécurité.

- Enfin, le prix. Peut-on s’attendre à des valeurs plus "humaines" ? C’est douteux dans un proche avenir quand on sait la quantité de travail sur chaque pièce et le sérieux du SAV assuré par Pierre Gignoux. "J’ai arrêté ma fabrication à 40 paires pour la première année et je prends les commandes pour la saison 2007-2008. Je veux pouvoir suivre chaque paire individuellement". Du reste, un concurrent italien, Merelli, qui fabrique déjà des skis en carbone, s’apprêterait à sortir une chaussure dans le même matériau et au même prix.

Je ne me hasarderai pas à pronostiquer l’étendue du public concerné. Peut-être les deux "extrèmes" : coureurs de haut niveau d’un côté, "papys" de l’autre. Ce que l’on avait constaté les dix premières années de la Low Tech (nous n’étions alors que quelques uns à utiliser cette fixation en pente raide, sous le regard dubitatif de la plupart des pratiquants).

Signalons tout de même trois différences entre ces deux révolutions du matos de rando :

1. la Low Tech a été inventée par Fritz Barthel qui ne pratiquait pas la compétition : c’est ensuite qu’elle a été adoptée par les coureurs.

2. D’emblée la Low tech s’est avérée plus solide que ses concurrentes trois fois plus lourdes.

3. Dès son lancement, la Low Tech était au même prix que les fixations à plaque.

Pour ma part je résumerai simplement mon expérience : une fois qu’on a gouté à la XP 500, difficile de faire marche arrière.




Messages et Commentaires ...
  • 30 avril 2007 Alex Saunier - Pas assez chère mon fils !

    Salut Volodia et merci pour ce test très précis.

    Ce que je retiens principalement de cet article c’est que les chaussures en carbone à un tarif abordable, à défaut de raisonnable, ce n’est pas encore pour demain. Honnêtement, une paire de chaussures de ski à 1300€, passe moi l’expression, c’est nimp ! Déjà que je trouve que le prix des chaussures actuelles a déjà tendance à exploser et confine presque à du vol à main armée...

    Si on commence à accepter de tels prix et à acheter ce genre de matos, "jusqu’où va-t-on s’arrêter" ? Ca va d’autant plus encourager les fabricants à augmenter leurs prix.

    De plus je trouve ça assez inquiétant ces évolutions de matériel : bientôt pour être bien classé en compèt, il va falloir aligner un matos à prix d’or : chaussures en carbone, skis en carbones etc. etc.va y en avoir facile pour 2500€ ski+chaussures+fix ! Alors l’élite du ski-alpinisme de compétition sera-t-elle celle des gens qui en auront les moyens ? Le ski-alpi d’en haut vs le ski-alpi d’en bas ?

  • 30 avril 2007 LTA - oui mais

    Salut Alex. Je suis globalement d’accord avec toi mais j’aurais tendance à nuancer. La chaussure de Pierre Gignoux est produite en très petite quantité et par le concepteur lui-même sans usine. En plus, le gain de poids est phénoménal. C’est donc pour moi une sorte de prototype un peu révolutionnaire qui en est à ses débuts et si le prix paraît (très) cher, je pense qu’il ne peut en être autrement, du moins pour l’instant. Pour moi, ce n’est donc pas du vol. En revanche, le prix des chaussures classiques de rando est trop élevé. Je le pensais déjà en 2000 mais encore plus aujourd’hui après que, chaque année, le prix augmente nettement plus que nos salaires sans que les modèles n’évoluent de manière significative. Au contraire, étant donné l’augmentation des pratiquants (et donc du nombre de paires vendues), j’estime que le prix des chaussures devrait baisser !

  • 1er mai 2007 Martin Gerbaux - oui mais... c’est pas mal quand même !

    Je partage l’avis d’Alex et Lionel sur le prix des chaussures classiques de rando, qui ne fait qu’augmenter sans apporter de réelles innovations. Pour moi, seule la F1 a été une évolution notable ces dernières années (en remarquant qu’une de ses principales fonctionnalités, le levier de blocage tout en 1, a été copié sur les prototypes de Gignoux....).

    Rapporté au prix de ces chaussures classiques, que l’on peut qualifier de "merdes" par rapport au confort et à la tenue des XP500, ça ne me choquerait pas de payer les XP500 500 ou 600 € (à rapporter à la longévité de la chaussure...), ce qui fait quand même très cher...

    Il faut aussi savoir que le matériau est beaucoup plus cher à la base ( 200 € le kg de carbone contre 3 € le kilo pour les pebax des coques ordinaires), et que le procédé de fabrication est complètement différent pour mettre en forme le carbone, donc en conservant une marge égale pour le fabricant, une chaussure carbone sera forcément plus cher.

    Pour réponde à Alex sur l’évolution en compet, c’est sûr que tu es avantagé quand tu as de XP500 aux pieds. Rien que pour parler de la montée, Stéphane Mougin, qui est en train de réaliser des tests sur ce point, quantifie que 1kg enlevé aux pieds correspond à 5kg enlevés dans le sac à dos en terme de dépense énergétique. De ce point de vue là, le règlement de l’ISMC qui limite le poids des chaussures peut paraître une bonne chose (c’est la justification officielle de la question, la version officieuse faisant plutôt état de pression des fabricants qui sont à la rue en terme de matos léger). Je reste cependant partisan d’un poids libre qui permet justement des innovations comme celles de Pierre Gignoux. Et puis on a de la satisfaction aussi en doublant avec son matériel plus lourd des gens qui ont aux pieds des XP500 ;o)

    Pour en revenir à la XP500, le court essai que j’ai réalisé (une journée) a vraiment été une révélation. Si je partage les petits inconvénient soulevés par Volodia, le bilan global est quand même très largement en faveur de la XP500, de par le débattement en montée, le poids plume et la tenue à la descente. C’est dur de retrouver après ses pompes de rando habituelles en se disant que l’on n’a pas les moyens de s’offrir ces bêtes de course. Je pense que le bricolage sera de rigueur sur mes coques cet été...

  • 4 mai 2007 Deransart Pierric - Toujours a propos des chaussures carbones

    Une discussion similaire avec quelques digression sur l’evolution du materiel

  • 6 mai 2007 Jacques Cayuela - Souvenir d’il y a 10 ans

    Je trouve très intéressant ce qui est en train de se passer avec l’arrivée de cette nouvelle chaussure.
    Plusieurs commentaires :
    1) remarquable compte rendu de test de Volodia (comme d’habitude :-)) :
    2) 1300 euros c’est en effet très cher mais pour une fabrication artisanale et quasiment de type prototype ça ne l’est pas tellement. Je suis de l’avis de Lionel Tassan.
    3) Je me suis toujours étonné que les "grands" fabriquants ne soient pas plus innovants et n’essayent pas de faire des chaussures de compétition mais aussi de type ski-alpinisme/free-ride plus légères et plus rigides. J’entends par freeride des skieurs alpinistes qui ne veulent rien sacrifier en descente.
    J’espère que la GT600 verra le jour rapidement, qu’elle sera un succès, donc que les prix baisseront et que Pierre Gignoux gardera son avance sur les gros qui vont certainement montrer le bout de leur nez.
    4)Si elles étaient arrivées 10 ans plus tôt, j’aurais immédiatement acheté une paire (au prix équivalent de l’époque, la passion c’est bien mais il y a quand même des limites :-)). Elles correspondent à un cahier des charges que j’avais envoyé à Rossignol. Ne représentant rien, je n’ai jamais eu de réponse même pour me dire qu’il n’y avait pas de marché ou que ma demande était saugrenue. J’expliquais qu’il n’existait pas de chaussure adaptée pour le ski de pente raide. Chaussures de piste : trop lourde et chaussures de randonnées : médiocres en descente. Je demandais naivement s’il n’était pas possible de réaliser une paire à moins de 1,5 kg grâce au carbone dont j’avais juste entendu parlé, mais avec les qualités de rigidité d’une bonne chaussure de piste.
    En tout cas bravo à Pierre Gignoux pour ses performances sportives et son activité entrepreneuriale. J’espère que j’aurai l’occasion d’essayer des XP500.
    Au fait pourquoi XP 500 ?

  • 23 mars 2008 Michel Ferry - info / question sur XP 500

    Bonjour Volodia,

    Vu au salon du matériel de randonnée, lors de la dernière Pierra Menta, les chaussures XP 500 en présentation. Apparemment, elles sont désormais vendus avec un chausson spécialement adapté pour favoriser le débattement.

    Est-ce que vous avez pu régler le problème d’étanchéité sur vos propres chaussures ?

    A ce propos, j’ai noté que vous aviez participé aux 4ème et 5ème éditions de cette magnifique compétition !

    Bien à vous.

  • 23 mars 2008 VSH - étanchéïté XP

    Bonjour Michel,

    - ayant peu skié cette année, j’attends un peu pour refaire le point sur la xp 500.

    - j’ai demandé à Henri Canin de plancher sur la question, ce n’est pas facile de rendre la chaussure elle-même étanche. Pierre Gignoux prévoit une guêtre adaptée pour l’an prochain.

    - Chausson spécial. Il s’impose pour plusieurs raisons :

    1. la forme de la chaussure impose un chausson
    dédié

    2 il faut aussi protéger le chausson des arêtes carbone très coupantes.

    3 un bon chausson pourrait en partie remédier à l’absence de serrage oblique (soulèvement du talon). J’ai vu aussi chez Pierre Gignoux le proto de palau, mais je pense qu’il ne sera pas dispo cette année.

    Au fait, j’ai fait remplacer la semelle mousse par du vibram : plus 200 gr pour une paire en 26

  • 23 mars 2008 Dany Colin - délocaliser

    Il faut absolument délocaliser la fabrication en chine ?
    Ils fabriquent bien des voitures à 1500€ !ça compenserait la baisse de nos revenus salariaux !

  • 5 avril 2008 Emmanuel B. de Haller - XP 500

    1’300 EUR pour une chaussure de rando qui n’est ni étanche et dont la semelle s’use rapidment. S’agit-il vraiemnt d’une chaussre de rando ? Je la classerai plus dans la catégorie chaussuer de sprinter 100m à usage unique mais je n’oserai pas m’engager en montagne avec ce genre de monture.

    Concernant la délocalisation, la Chine aiderait peut-être... à trasser la cordelette, mais la fibre de carbone nécessite certaines technologies qui coûtent partout la même chose. La Chine est meilleure marché pour les travaux manuels, d’où la pléthore de vêtements, chaussures, mais dès que cela deveint technique et que des machines deviennent indispensables, les prix s’alignent sur ceux que l’on connaît en occident.
    Lex XP 500 sont réservées à la compétition, d’où le prix et les énormes compromis, dont on se passe aisémment en montagne : je n’aimerait pas me promener à 4’500m par -30°C avec mes chaussures pleines d’eau, situation vécue au 1er Janvier au-dessus de Zermatt, mais j’avais la chance de gambader dans mes Zzero 4C, tout auusi rigides, je suppose, mais étanches et solides, le tout pour 500 EUR. Je crois que le prix de mes orteils valent les 2kgs supplémentaires.

  • 6 avril 2008 Stéphane BROSSE - XP 500 des chaussures pour tous

    Les XP500 sont les outils idéaux pour toutes les pratiques du ski de randonnée et pas seulement la compétition. Je précise qu’il existe un modèle XPMountain basé sur la même chaussure mais avec une semelle vibram.
    Bien sûr ces chaussures ont été développées par un compétiteur et pour la compétition (gain de poids, débattement important et rigidité à la descente). Après des années de mise au point ces chaussures sont fiables et sont une véritable révolution (comme l’a été l’invention des fixations dynafit) destinées à toutes les pratiques du ski de rando :

    Compétition : c’est évident que le gain de poids réalisé séduit les compétiteurs de tous les pays et de tous niveaux et c’est ce qui déclenche leur achat. Au premier essai ils découvrent les autres avantages de la XP500 :
    -  le débattement qui permet un pas glissé beaucoup plus ample et plus facile qu’avec n’importe quelle autre chaussure
    -  la rigidité à la descente qui surprend au premier virage et rappelle les chaussures de slalom

    Rando : quoi de plus agréable pour un randonneur que de pouvoir parcourir les montagnes et enchaîner les descentes. La rando est ma passion je veux avoir le plus de plaisir possible aussi bien à la montée qu’à la descente. Utiliser la XP500 permet d’avoir un atout majeur de gain de poids et donc d’enchaîner des itinéraires un peu plus long, mais c’est surtout sans compromis pour la descente car la tenue, la rigidité et donc la précision sont là.

    Pente raide : c’est sans aucun doute la chaussure idéale pour être aussi bien à la montée (poids + débattement important pour la marche et le cramponnage) et surtout la descente (rigidité). J’ai skié de belles pentes raides et techniques avec ces chaussures.

    Ski-alpinisme : j’ai utilisé les XP500 dans des grandes voies glacières classiques (ex : face nord des courtes) mais également en goulottes et leur rigidité associée au débattement important permet une excellente précision de cramponnage ainsi qu’un très bon confort.

    Les problèmes soulevés :

    Etanchéité => pour ma part dans toutes mes pratiques je suis un adepte de la combinaison de ski de fond qui présente l’avantage d’éviter que la neige puisse rentrer dans la chaussure par le haut (valable avec toutes les chaussures). Fffectivement les XP500 ne sont pas étanches (il ne faut pas marcher dans un ruisseau) mais dans des neiges relativement froides il n’y a pas d’effet d’humidité dû à la neige. Dans des neiges de printemps très mouillées la neige arrive à humidifier le chausson et le pied. Dans tous les cas si l’on utilise des chaussons thermoformés on a de bonne chance de transpirer et d’avoir les pieds humides !

    Chaleur => ni plus ni moins que n’importe quelle autre chaussure de ski. Le plastique n’isole pas mieux que le carbone. Ce qui fait la bonne isolation c’est la semelle (dans ce cas utiliser la XP Moutain avec semelle vibram) et le chausson (les chaussons thermoformés sont très chauds). Pour les expé ou les conditions de grand froid il est très facile de mettre des sur-bottes (ce qui est plus difficile avec des chaussures de ski classiques vu leur volume !)

    Usure => pour la semelle sur la XP500 il ne faut pas faire trop de Km sur la route ! Pour une pratique plus alpine il faut choisir la XP Mountain avec une semelle Vibram (même qualité et résistance que les autres chaussures). Pour le reste de la chaussure il n’y a pas plus de SAV que sur n’importe quelle autre marque (combien ai-je vu de leviers de scarpa pliés en deux, voir de dynafit ouvertes au talon sans parler des insers arrières perdu …). De plus le carbone a cet avantage qu’il est réparable ce qui n’est pas le cas du plastique ! Enfin Pierre Gignoux assure un vrai service après vente.

    Prix => 1300 € c’est cher oui mais vu les moyens mis en œuvre, les matériaux utilisés et le service, c’est le prix ! Comparons avec le vélo : un cadre de route en carbone se vend entre 1200 et 4000 € moyenne à 2000 € (pour 1 Kg de matière).
    Ce qui a fortement augmenté ce sont les chaussures plastiques. Il y a 12 ou 13 ans j’ai payé mes Dynafit TLT4 1500 F (228 €) actuellement le même modèle (il n’a pas changé) se vend 330 € (2165 F) soit +45% en 13 ans alors que le moule est toujours le même et qu’il doit être bien amorti depuis ! Le prix pourrait peut être baisser un peu en industrialisant la production mais cela reste à démontrer !

    En conclusion je le redis la XP500 est une révolution dans le ski de rando et c’est l’outil idéal de tous les passionnés (compétiteurs, randonneurs, amateurs de pente raide et skieur-alpinistes). Si vous n’êtes pas convaincu un essai s’impose. Cela vous permettra de parler en connaissance de cause !

  • 6 avril 2008 emmanuel darlix - Essai ?

    Bonsoir,

    >Si vous n’êtes pas convaincu un essai s’impose.

    Perso, je ne demande qu’à être convaincu ! :-)

    + sérieusement, vu le montant de l’investissement, il est clair qu’il ne vaut mieux pas se tromper.

    J’aimerais donc savoir si il est possible de tester et si oui où et comment (j’habite à Meylan
    à côté de Grenoble) ?

    Merci d’avance pour les infos,

    Sincèrement,

    Man,

  • 7 avril 2008 Bruno Grenet - D’autres retours ?

    Bonjour,

    Ce qu’on entend sur ces chaussures laisse rêveur. Comme le dit Stéphane Brosse, ça semble être l’"outil idéal". Mais une question me taraude encore, à propos de la rigidité. J’ai l’impression de n’avoir des retours que de la part de compétiteurs (ou anciens compétiteurs) habitués me semble-t-il à des chaussures plutôt souple comme les Scarpa F1 (que je n’ai essayées qu’en magasin, mais qui m’on paru être assez chewing-gum).

    Quelqu’un les a-t-il comparées à des Megaride, ou des Zzero 4c par exemple ? Si la rigité et la tenue sont comparables (voire meilleures !), ça montrerait encore plus le côté "outil idéal" de ces chaussures !

  • 13 avril 2008 Emmanuel B. de Haller - Agent Provocateur

    J’espère n’avoir blessé personne ayant été volontairement provocateur dans mon commentaire. Je suis vielle école pour la montagne, je vous l’accorde, bien que je travaille dans une industrie hautement innovative.
    Je tiens simplement à remettre l’église au milieu du village, à mes yeux, car bien que les XP500 représentent sans aucun doute une avance technologique pour la rando (le poids n’est qu’un corollaire du concept de Pierre Gignoud), la base étant d’offrir une chaussure performante du point de vue biomécanique, alliant les matériaux les plus évolués du moment (la F1 et l’aviation dévorent des tonnes de fibre de carbone). Un produit d’exception se paie, c’est le prix de l’innovation, mais est-ce que l’exception sied-elle à tous ? Je ne crois pas. Un conducteur moyen ne peut s’éclater à bord d’une F1 (au sens propre sûrement), un pilote moyen ne peut s’amuser dans un avion de chasse et je classe les XP500 dans cette catégorie de produit élitaire et performant, car elles permettent à ceux qui sortent les tripes de vraiment performer.
    C’est beau de posséder une F1 ou un avion de chasse, mais c’est dommage de ne pouvoir en utiliser que quelques %, surtout à ce prix.

  • 18 avril 2008 Jean-Luc Ageron - Attention, danger

    Attention danger,
    les chaussures de Pierre sont addictes. Essayez les et vous êtes, immédiatement,dans une totale dépendance à devoir faire montées et descentes successives jusqu’à épuisement.

    L’extasie est dépassée, l’Xpium fait merveille en épanouissement. Je conseillerai seulement à Pierre de revoir sa fiche technique en précisant que "l’abus d’Xpuim peut ....".

    Merci à Pierre pour son ingéniosité.

  • 24 décembre 2008 VSH - gignoux en images

  • 7 janvier 2009 mogeny émile - acompagnateur en montagne

    Bonjour,
    Nous pouvons dire que Pierre a visé juste avec ses chaussures en carbone : légèreté, simpicité et éfficacité.
    Jusqu’à présent, les véritables chaussures de rando à ski n’ont jamais existé ; ça toujours été un compromis entre chaussures de montagne et chaussures de ski.
    Bien que ne possèdant pas(encore) de chaussures de Pierre, au lu des commentaires, j’ai compris que la première véritable chaussure de ski de rando avait vu le jour.
    Le prix élevé est dû au tarif de la fibre de carbone mais aussi de la fabrication artisanale.
    Maintenant que l’idée a été trouvée, c’est sur que des industriels vont se pencher sur la question et dénicher le jackpot. Du coup, nos coques en pébax ne vont plus être qu’un souvenir comme nos antiques chaussures en cuir.
    Et ce serait bien dommage pour notre Pierre qui a eu le mérite de refléchir le premier sur cette question et trouver la solution.
    Bien que mes connaissances d’accompagnateur en montagne n’aient aucune prétention sur le savoir de l’ingénieur qu’est Pierre, je me permets quand même de lui suggérer une idée : de passer du système de l’application des couches à celui de l’injection.
    Il y a 2 ans, ma citerne à fuel étant percée, des spécialistes ont enduit l’intérieur de ma cuve avec de la fibre de verre(ficelle de fibre coupée automatiquement à 5 cm) et envoyée avec de la résine par air comprimé. La fibre s’est comportée comme du feutre et le résultat est irréprochable.
    Je ne sais pas ce que Pierre en pense (une citerne n’étant pas une chaussure), il se pourrait qu’il connaisse déjà les différents méthodes d’application de la fibre de carbone.
    Quoiqu’il en soit, je vais commencé à mettre l’écureuil à contribution pour mes prochaines chaussures.

  • 23 mars 2009 OLE - XP mountain- Que du bonheur !

    En lien, un bilan détaillé sur les points forts et faibles du modèle XP mountain, destiné aux randonneurs qui recherchent avant tout confort et rigidité. Pas besoin d’être compétiteur pour les utiliser ;-)

  • 25 mars 2009 Stéphane Bauzac - Et la durée de vie ?

    Merci à Olivier pour son retour très détaillé.
    Une vraie question concernant cette chaussure est aussi sa durée de vie (je parle de la coque bien sur). Si on peut espérer la garder 10 ans sans souci, dans le cadre d’une utilisation soutenue (disons 50 000 m/an soit 120 € par an, cela relativise somme toute l’investissement

  • 11 janvier 2011 VSH - comparatif

    Beaucoup de précisions ont été apportées ici.Pour ma part j’avais rapidement corrigé avec l’aide de Pierre Gignoux deux choses :

    - la boucle inférieure ; il suffisait de mater un rivet mal placé.

    - la semelle en mousse, remplacée par une vibram

    - voir maintenant la XP face à ses rivales

  • 12 février 2012 STB - Chaussures XP500 : retour d’expérience

    Voilà un retour d’expérience sur ces fameuses chaussures après 3 mois d’utilisation et une vingtaine de sorties dans toutes les qualités de neige.

    Moi : 65 kg, pratiquant depuis 25 ans, plutôt orienté pente raide, pas de compétition.
    Je skiais dernièrement avec des Zzero Dynafit.

    Tenue et maintien du pied : Excellent en appui arrière, sans rival avec toutes les chaussures de ski de rando, voire chaussures de piste, que j’ai eu l’occasion d’utiliser. Excellent également en tenue latérale, point appréciable pour le contrôle de la prise de carre. L’apport lié à la rigidité du carbone est clairement perceptible sur ces deux points. Ca se gâte un peu pour l’appui avant qui constitue, à mon avis, un point faible – tout relatif – de cette chaussure, ce constat est probablement lié à la position relativement basse de la sangle vectro qui assure le maintien vers l’avant (voir photo). Il me semble que ce point pourrait être aisément amélioré en remontant les passants latéraux de 2 ou 3 cm.

    Etanchéité :
    J’avais lu beaucoup de choses sur ce point avant d’acheter ces chaussures et je me posais pas mal de questions. On parle en effet beaucoup de l’étanchéité au niveau de la cheville, liée à l’absence de languette. Dans les faits ce point n’est pas du tout gênant, il suffit de porter la guêtre proposée par P. Gignoux, qui assure une excellente étanchéité. Après tout, on accepte de porter des guêtres sur des chaussures d’alpinisme, pourquoi pas en skis ?
    Le souci vient plutôt du capot qui tend à se soulever sur l’avant, laissant un petit jour avec la coque. Cela arrive notamment lorsque on fait la trace à pied dans une neige dense ou croûtée. Rien d’horrible pour des sorties à la journée, un peu de neige rentre et on mouille un peu le chausson. Plus ennuyeux en raid. La seule solution efficace trouvée à ce jour consiste à strapper la coque et le capot avec du scotch américain au départ de la sortie.

    Chaleur : Là aussi des rumeurs courent le net sur le fait que ces chaussures seraient froides, du fait de la finesse de la coque et du caractère thermo-conducteur du carbone. Je n’ai pas ressentis de gêne à ce jour, même pendant la période de froid intense de février 2012. Même si je suis quelqu’un de relativement peu frileux, je ne pense pas que l’on puisse spécialement critiquer les chaussures sur ce point.

    Fiabilité. Point là aussi beaucoup discuté. Je ne les ai pas encore suffisamment utilisées pour me prononcer sur ce point. J’ai simplement remarqué que les boucles de roller utilisées pour le serrage du coup de pied semblent fragiles et surtout ont tendance à geler. Heureusement, le débattement en position marche est tel que l’on peut facilement conduire avec et attendre que le chauffage de la voiture les débloquent !


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